© Thomas Cartron - Tous droits réservés

Texte de Yuna Mathieu-Chovet

pour l'exposition "Melted Reality"  - galerie Plagiarama

(FR)

 

Dans notre vie quotidienne nous utilisons beaucoup d’objets. Parce que nous devenons très habitués à ces objets communs, parfois nous ne les voyons plus. Mais si un jour vous brisez accidentellement l’un de ces objets, alors vous le verrez. C’est ainsi que travaillent ces deux artistes : en brisant les codes, ils les rendent visibles.

 

Margré Steensma travaille à partir d’objets issus du quotidien, en changeant leurs matériaux, les détournant de leur fonction originale, cassant les codes jusqu’à l’absurde. Les objets domestiques courants deviennent inutilisables, dénotant le vide du modèle consumériste.

 

Thomas Cartron travaille l’objet photographique qu’il transfigure, brisant les règles de la représentation picturale. Les photographies deviennent abstraites et parfois minimales par un geste radical et iconoclaste. L’émulsion photographique est brûlée ou dissoute, coulant à même le mur, parfois transférée.

 

Ensemble, ils explorent et présentent le faux et le juste. Margré Steensma utilise le mauvais matériau pour le bon objet, ou le bon matériau pour le mauvais objet. Thomas Cartron utilise le mauvais geste pour le bon objet, ou le bon geste pour le mauvais objet. Le caoutchouc et l’émulsion photographique sont mal utilisés, permettant d’une certaine manière au matériau de révèler ainsi sa vraie nature propre. Ils nous montrent des objets sensuels et radicaux aussi bien que des objets absurdes avec une esthétique pseudo-industrielle. Chacun à leur manière, ils mettent en lumière l’idée de transfiguration, de détournement des codes, en soulevant la question d’un genre de vide, consumériste ou existentiel, de la vie.

 

 

(EN)

 

In our everyday life we use many objects. Because we become very used to common items, sometimes we don’t see them anymore. But if one day you accidentally break an object, then you’ll see it. The loss makes it visible.
This is how the two presented artists are working : while breaking the codes, they make them visible.

 

Margré Steensma works from everyday objects, changing their material, diverting them from their original function, breaking the codes to the point of absurdity. Common household items become unusable, suggesting the emptiness of the consumerist model.

 

Thomas Cartron works with photographic objects that he transfigures, breaking the codes of pictorial representation. The photographies becomes abstract and sometimes minimalistic because of radical iconoclast gesture. Burned photographic emulsion, or dissolved and flowing on the wall, sometimes transferred.

 

Together, they explore and present the wrong and the right. Margré Steensma uses the wrong material for the right objet, or the right material for the wrong object. Thomas Cartron uses the wrong gesture for the right object, or the right gesture for the wrong object. Rubber and photographic emulsion are misused, somehow, the material reveals that way its own nature. They show us sensual and radical objects as well as absurd objects with a pseudo-industrial aesthetic. In their own way, they bring to light the notion of transfiguration, diversion of the codes, by raising the issue of a kind of consumerist or existential emptiness of life.

 

Yuna Mathieu-Chovet